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Les « effets secondaires » du télétravail


Selon une récente enquête intitulée « La santé psychologique des salariés français en période de crise », réalisée par OpinionWay, presque la moitié des salariés sont en détresse psychologique (49%).

Ces chiffres sont encore plus alarmants (58%) lorsqu’il s’agit de salariés étant à 100% en télétravail.


Sommaire :

- Les différentes problématiques

- Zoom sur les managers

- Comment faire pour vaincre cette crise ?

- La place de la sophrologie en entreprise


Tout d’abord, le contexte général depuis maintenant un an est déjà en soi très anxiogène. Une grande partie de la population est plus inquiète pour elle-même et/ou pour ses proches qu’avant. Les confinements, les couvre-feux, les restrictions de déplacements et les gestes barrières ont profondément bousculés nos habitudes et nos modes de vie. Nous sommes tous impactés, du plus jeune âge jusqu’aux ainés. Et bien évidemment, autant dans nos vies privées que professionnelles.


La consigne du gouvernement est claire : le télétravail reste la règle pour toutes les activités qui le permettent.


Tout le monde ne réagit pas de la même manière face au télétravail. Selon notre type de personnalité, l’autonomie dans le travail et les conditions physiques à la maison, le télétravail peut être vécu de façon positive et libératoire, et tant mieux.


Mais c’est loin d'être le cas pour tout le monde. Bien que le travail à domicile sécurise par rapport à une éventuelle contamination de Covid-19, bien d’autres problématiques surgissent.




Les « effets secondaires » du télétravail :

Les différentes problématiques


Conditions physiques de travail non adaptés : le travail sur écran est déjà en soi source de tensions dans la nuque, le dos et les poignets. Mais lorsqu’on doit travailler tous les jours sur une table basse, assis sur son canapé, ou sur une chaise de cuisine dure, notre corps souffre. Une mauvaise posture de travail génère des tensions et des douleurs, et peut créer tout genre de troubles musculo-squelettiques.


Manque d’exercice physique : aller de son lit à son canapé n’est pas la même chose que de prendre les transports en commun, de marcher jusqu’au travail, d’aller voir les collègues à un autre étage ou d’aller déjeuner dehors. En travaillant à la maison on bouge beaucoup moins qu’en allant au travail, quel que soit le mode de transport. Cette sédentarité forcée est très mauvaise pour notre santé. Selon l’OMS (Organisation Mondial de Santé), la sédentarité est une cause majeure de maladies et pourrait bien figurer parmi les 10 principales causes de mortalité et d’incapacité de travail dans le monde.


Manque de contact social : bien que parfois certains collègues nous énervent, ne plus voir personne est difficile. Une visioconférence peut certes remplacer une réunion (et encore), mais elle ne remplacera jamais les discussions informelles entre collègues tout au long d’une journée de travail. Aussi, se voir sur écran n’est pas la même chose que d’être avec quelqu’un, cette « séparation virtuelle » est ressentie par le corps. Si l’on ajoute à cela qu’il n’y a plus de sorties d’ami(e)s au restaurant ou au cinéma, qu’on ne voit presque plus personne avec les restrictions, de plus en plus de personnes souffrent de solitude.


Manque d’espace et de calme : peu de personnes disposent d’un bureau à la maison où elles peuvent facilement s’isoler. Et même, encore faut-il que les autres membres de la famille, notamment les enfants en bas âge, comprennent et respectent ce besoin de calme. Devoir jongler entre les différentes activités tout au long de la journée (être parent / être en télétravail / occuper ses enfants / surveiller leurs devoirs / faire le ménage / faire à manger…) et être dérangé tout le temps nuit fortement à la concentration et génère un sentiment de stress intense.

Difficulté à séparer travail et vie privée : lorsqu’on va au travail, le temps de trajet est comme un sas qui permet à notre cerveau de passer, le matin, de notre vie privée à notre vie professionnelle, et vice-versa le soir. De devoir travailler chez soi gomme les frontières. En général, c’est le travail qui l’emporte sur la vie privée. On remplace le temps de trajet par du travail, on peut même s’y remettre après le dîner pour rattraper son retard, d’autant plus qu’on n’a plus le droit de sortir actuellement… Le travail prend le pas sur la vie privée, et c’est très dangereux pour sa santé psychique de laisser s’installer ce déséquilibre. Le stress devient de plus en plus chronique, on n’arrive plus à « calmer son mental », les troubles de sommeil s’installent…


Difficulté à concilier travail et enfants : quel que soit l’âge des enfants, il est difficile de ne pas être dérangé tout le temps. Ce stress constant nous rend irritable et agressif, mais fait en même temps naître un sentiment de culpabilité : culpabilité vis à vis de l’employeur de ne pas pouvoir travailler « mieux », et en même temps culpabilité vis à vis des enfants de ne pas réussir à être un « meilleur parent » souriant et aimant qui arrive à occuper ses enfants pour qu’ils restent calmes… Cette culpabilité nous ronge et peut nous mettre en grande détresse.


Dégradation de l’esprit d’équipe : on se parle moins, on communique plus par écrit, on est plus susceptible et facilement irritable, les incivilités pendant les réunions à distance ou par mail augmentent – l’esprit d’équipe est mis à rude épreuve. On peut facilement se sentir agressé et isolé, ce qui peut aggraver une baisse d’estime en soi.


Impression de devenir des « machines à produire » : le contact humain est réduit au minimum, et une ambiance de suspicion s’installe. Vu qu’on ne nous voit pas, on a l’impression de davantage devoir prouver notre efficacité qu’en présentiel. Rares sont ceux qui sentent que leur responsable leur fait confiance, tout en valorisant également le travail qu’ils font. Cette pression génère de l’anxiété, d’autant plus que beaucoup d’entreprises licencient. Cette anxiété se transforme à la longue en sentiment de dépréciation, qui peut être précurseur d’une dépression ou d’un burn-out.


Augmentation des violences familiales : pour toutes les raisons citées et pour beaucoup d’autres, le fait de se retrouver continuellement avec les siens dans ce contexte difficile met le couple et la famille à rude épreuve, et génère souvent une détresse profonde.


Les « effets secondaires » du télétravail :

Zoom sur les managers


Tout le monde peut être concerné par les problématiques citées ci-dessus, managers et non-managers.


Quant aux managers, beaucoup se sentent démunis face au « management à distance ». 70% d’entre eux trouvent le management en télétravail bien plus difficile qu’en présentiel. Le manque de proximité rend la communication beaucoup plus compliquée et impersonnelle. La communication par mail augmente, et avec le nombre de mails augmentent les malentendus, les mauvaises interprétations, la méfiance des salariés vers leurs managers et vice-versa. Ne pas à oublier, le nombre croissant des mails augmente aussi la charge de travail.


Le management souffre : 58% de managers intermédiaires sont en détresse psychologique (+10%), et 72% pour les « managers des managers » (+6%). Étant eux-mêmes surchargés, peu soutenus par leurs propres managers, pas formés au management à distance, rencontrant les mêmes difficultés liées au télétravail que leurs équipes, ils subissent une énorme pression au quotidien, ce qui explique que le nombre des burn-out sévères est deux fois plus élevés chez les managers que chez les non-managers.


Nous sommes dans une crise sans précédent, qui risque d’avoir des impacts à moyen et long terme. Les entreprises doivent jouer leur rôle, et il est tout à fait dans leur intérêt de s’occuper de la santé psychologique de leurs salariés, managers et non-managers, qui ont cruellement besoin d’un climat de sécurité psychologique pour minimiser les effets de cette crise sanitaire. Des nouvelles attentes se créent envers l’entreprise en matière écologique, social et psychologique.


Les « effets secondaires » du télétravail :

Comment faire pour vaincre cette crise ?


Frédéric Lenoir (sociologue, écrivain, journaliste et conférencier) dit dans une interview accordée à Ouest-France en mars 2020 : « Le mot crise en chinois est représenté par deux idéogrammes qui signifient danger et opportunité. Il y a toujours dans une crise la possibilité de changer, de s’ouvrir à autre chose, d’en comprendre les causes et d’essayer d’en tirer les conséquences. Elle peut être une prise de conscience qui nous permet de vivre autrement, tant au niveau individuel que collectif. »


Les « effets secondaires » du télétravail :

La place de la sophrologie en entreprise


Comment la sophrologie peut-elle nous aider à « vivre autrement, tant au niveau individuel que collectif » ?


Crée en 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo, la sophrologie est autant une thérapie et une science qu’un art de vivre. Inspirée de plusieurs pratiques comme le yoga, le zen, la relaxation et le bouddhisme, la sophrologie renforce la conscience de l'instant présent et crée une harmonie entre le corps et l’esprit.


La sophrologie associe respiration contrôlée, détente musculaire, activation du corps par le mouvement et visualisation d’images positives à des fins pédagogiques. Ses nombreuses techniques nous permettent de mieux gérer nos émotions négatives et savoir faire face au stress. D’une façon générale elle nous aide à mobiliser nos ressources, et à être « mieux dans notre peau ». En apprenant à être « centré », on est plus « concentré », donc plus performant. L’impact positif d’une pratique sophrologique se voit autant dans la vie privée qu’au travail.


Avec ses exercices de relaxation dynamique, inspirées du yoga, la sophrologie et aussi un excellent moyen de prévention contre les troubles musculo-squelettiques. Ces exercices physiques débloquent les tensions, détendent les muscles, et le fait de les effectuer en « pleine conscience » augmente leur efficacité.


N’oublions pas que tout stress s’inscrit immédiatement dans nos muscles. En pratiquant la sophrologie régulièrement, on développe une conscience accrue de son corps qui permet d’être naturellement « à l’écoute de son corps ». Ainsi on détecte les tensions rapidement, et grâce à une pratique régulière des exercices de respiration et de détente on les débloque au fur et à mesure, ce qui évite l’accumulation et l’aggravation des phénomènes. Cette conscience accrue de son corps favorise également l’application des « gestes et postures », réduisant ainsi les problèmes de dos, voire même des accidents de travail. Pour rappel, 20% des arrêts suite à un accident de travail concernent des lombalgies. En combinant la sophrologie aux connaissances « gestes et postures » on augmente sensiblement application des bons gestes.


La sophrologie a donc tout à fait sa place dans le monde de l’entreprise, et peut être appliquée sous différentes formes, en individuel ou en groupe, en présentiel ou bien évidemment par visioconférence.


Pour finir, reprenons la citation de Frédéric Lenoir qui dit « Le mot crise en chinois est représenté par deux idéogrammes qui signifient danger et opportunité. ».

Les « dangers » de la crise que nous traversons sont en général bien identifiés. Maintenant, à chacun de rester ouvert et attentif pour identifier les opportunités que cette crise génère et saisir la sienne !


Vous voulez en savoir plus sur la sophrologie en entreprise ? Je suis praticienne en sophrologie et relaxation, vous pouvez me contacter ici.